Javi Poves, footballeur indomptable


Le 9 août 2011, Javi Poves, joueur de football qui vient d’intégrer l’équipe première du Real Sporting Gijon, club de Liga, annonce la fin de sa carrière sportive à seulement 24 ans. Il décide, unilatéralement, de rompre son contrat avec le club espagnol.

Alors que le mouvement des « Indignés » secoue le royaume ibérique depuis la mi-mai, le footballeur choisit de quitter ce sport qui, selon lui, n’est qu’une « affaire d’argent et de corruption. »

« Le capitalisme, c’est la mort »

Alors qu’il venait de passer deux années avec la réserve de Gijon et qu’il allait enfin entamer une saison avec le groupe pro, Javi Poves surprend tout le monde en prenant la décision de quitter le monde du football. Si de nombreux jeunes joueurs ne rêvent que d’évoluer en pro et d’amasser des masses d’argent, lui préfère dénonce un milieu « pourri » par la monnaie.

« C’est du capitalisme et le capitalisme, c’est la mort. Je ne veux pas faire partie d’un système où les personnes gagnent de l’argent grâce à la mort d’autres personnes, en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie », explique-t-il sur le site La Informacion.

Un choix qui pouvait déjà être pressenti. En effet, le joueur espagnol, au moment de son intégration à l’équipe première du club de la province des Asturies, demande à ses dirigeants de ne pas le payer par virement bancaire. Il dit vouloir éviter la spéculation financière des banques avec son argent. Et, dans la foulée, Javi refuse une voiture que souhaite lui offrir une entreprise : il affirme ne pas en avoir besoin.

Un rebelle dans le football, qui l’eût cru ! Les déclarations et les décisions de Javi Poves font souffler un vent d’une extrême fraicheur dans le microcosme irréaliste du football professionnel devenu ultra-mondialisé et – surtout – ultra-capitaliste.

Mais, pour autant, il ne se considère pas comme un « Indigné ». Mouvement avec lequel il prend rapidement ses distances. « C’est un mouvement créé intentionnellement par les médias pour canaliser ce mal-être social et pour que cette étincelle ne devienne pas dangereuse et incontrôlable, analyse-t-il. C’est un lavage de visage pour le système capitaliste mais pas un changement radical. »

Études d’histoire et voyages autour du monde

Plutôt que de camper sur les places espagnoles, l’ancien défenseur qui n’aura participé qu’à une seule rencontre de Liga choisit de reprendre des études d’histoire. Et il a de nombreux projets en tête à réaliser bien loin des prés verts où ses anciens collègues continuent d’évoluer.

Il veut « aller découvrir le monde pour de vrai, en Afrique. Pour ça je n’ai pas besoin de beaucoup d’argent. Je suis allé dans des hôtels en Turquie à 3 euros. »

Et, au lieu de manifester pacifiquement en agitant ses mains en l’air pour signifier son accord comme ses camarades indignés de la Puerta del Sol, Javi Poves préconise plutôt « d’aller dans les banques pour les brûler et couper des têtes. »

Une critique qui fait plaisir au sein d’un milieu trop souvent lisse et hypocrite dans lequel les joueurs professionnels se complaisent bien heureux de profiter de salaires mirobolants et injustifiés ainsi que de nombreux avantages en nature. Tout un système mis en place pour les endormir et faire d’eux de parfaits soldats du libéralisme et du capitalisme.

La France commence elle aussi à réagir

Si le football français n’est pas encore prêt à assister à un tel événement, on sent que les choses commencent à bouger dans l’hexagone. Certains projets de réforme commencent à pointer le bout de leur nez avec pour but, de renouveler ce « foot business ».

On se souvient, bien entendu, des déclarations d’Eric Cantona qui préconisait au Français de tous retirer leur argent des banques. Une initiative qui n’avait pas connu le succès escompté par l’ancien milieu offensif de Manchester United.

Mais ce n’est pas tout : en avril 2011, Vikash Dhorasoo lance le manifester Tatane. « C’est un texte […] qui rassemble plein de mecs qui aiment le foot […] le jeu, le plaisir et qu’aiment pas le foot qu’on propose aujourd’hui. », explique l’ancien international français.

A l’heure actuelle, près de 4 400 personnes ont apporté leur soutien au projet. Ils partagent le ras-le-bol de l’ex milieu de terrain professionnel contre les dérives engendrés par ce sport devenu capitaliste.

« L’idée est de fédérer des gens qui souhaitent remettre le jeu et le plaisir au centre du débat et des décisions, des gens qui peuvent par ailleurs avoir des conceptions différentes des choses mais qui partagent un rapport au sport et à la vie », ajoute le célèbre « Substitute ».

Nous ne pouvons que saluer de telles initiatives qui, nous l’espérons, permettront, à terme, de faire bouger les lignes. Mais, nous regrettons, néanmoins, que les joueurs de foot français attendent la fin de leur carrière et de s’en être mis plein les poches pour enfin s’indigner contre ce système dont, finalement, ils ont bien profité…

Publié le 26 octobre 2011, dans Et si le vrai foot c'était ça ?, Liga, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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