La reprise à la McManaman


Steve McManaman n’est pas beau. Ses cheveux sont un peu roux et bouclés. Il est grand, plutôt maigre et ses jambes sont fines. Trop fines pour le football anglais moderne. Au début de sa carrière, personne ne croyait vraiment en sa capacité à résister au jeu rugueux du championnat britannique.

Et pourtant, Steve McManaman a remporté la Ligue des Champions a deux reprises. Et, même si son talent n’a jamais été vraiment reconnu à sa juste valeur au cours de sa carrière, le milieu de terrain restera l’un des joueurs anglais qui auront le plus marqué les amateurs de football.

Mais ce que retiennent les fans de football dans l’œuvre de Steve McManaman, ce ne sont pas ses dribbles chaloupés dignes d’un football d’une autre époque, mais plutôt un geste technique.

Reprise éponyme

Le 24 mai 2000, le Real Madrid et le FC Valence s’affrontent en finale de la Ligue des Champions, au Stade de France. A la 67e minute, alors que Madrid mène déjà 1-0, les Merengue obtiennent une touche sur le côté gauche à environ 20 mètres des buts de Canizares.

Roberto Carlos envoie le ballon très haut dans la surface. Un défenseur de Valence le repousse de la tête dans l’axe. Et, c’est là que Steve McManaman surgit, à l’entrée de la surface. Il effectue une splendide reprise de volé en extension qui offre un second but à son équipe. La reprise « à la McManaman » est née.

Le geste du milieu offensif anglais du Real Madrid a surpris tout le monde. Les spectateurs n’en croient pas leurs yeux, les commentateurs en perdent leur latin et le gardien du FC Valence, Santiago Canizares, reste scotché à sa ligne.

Cette reprise de volé inédite n’est pas sans rappeler une prise de kung fu. Au moment de frapper la balle, Steve McManaman n’a aucun appui au sol et effectue un sorte de bicyclette à l’endroit pour expédier le ballon au fond des filets. Un but qui le fait entrer dans la légende.

Dans les saisons qui suivent, le longiligne meneur de jeu fait de cette reprise sa marque de fabrique. Il la retente à plusieurs reprises avec plus ou moins de bonheur. Et le 13 janvier 2001, lors de la 18e journée de Liga, alors que le Real Madrid mène 3-0 face à Oviedo à la 88e minute, McManaman remet ça. Roberto Carlos, depuis l’aile gauche, adresse un long centre au second poteau que le joueur anglais reprend de la même manière, en extension, et expédie en plein dans la lucarne du gardien adverse, Esteban. La quintessence de la reprise « à la McManaman », souvent copiée mais jamais égalée.

(A partir de 1:07 sur la vidéo)

Un parcours exemplaire

Steve McManaman n’est certainement pas le plus grand joueur anglais de l’histoire. Largement sous-côté durant sa carrière, il a eu beaucoup de mal à se faire une place parmi la profusion de stars du ballon rond outre-Manche.

Pourtant son parcours de footballeur professionnel fait quasiment figure d’exemple. Né le 11 février 1972, à Bootle, un des quartiers les plus pauvres de Liverpool, McManaman signe son premier contrat professionnel à 18 ans, avec les Reds alors coachés par Kenny Dalglish.

Il reste neuf saisons au club, entre 1990 et 1999 et prend part à 274 rencontres durant lesquelles il marque 46 buts. Mais au terme de la saison 98-99, McManaman émet son désir de quitter Anfield. Plusieurs clubs tentent une approche. Parmi eux Barcelone et la Juve. Mais c’est finalement le Real Madrid que choisi le milieu offensif.

Une décision plutôt étonnante car il est très rare de voir un footballeur anglais évoluer à l’étranger. Et encore plus en Espagne. Il est le second footballeur britannique, après Laurie Cunningham en 1979, à signer au Real Madrid, ce qui fait de lui le précurseur d’un autre milieu anglais légendaire : David Beckham.

C’est un choix qui s’avère gagnant pour Steve McManaman puisque, dans la capitale espagnole, il va réussir à se forger un palmarès en or. L’international anglais aux 37 capes remporte ainsi le championnat d’Espagne en 2001 et 2003 et deux Ligues des Champions en 2000 et 2002. Mais outre ces succès, son passage parmi les Merengue lui offre davantage de visibilité et permettent au grand public de prendre la pleine mesure de son talent.

Steve quitte finalement l’Espagne en 2003 pour retrouver son île natale. Il s’engage avec Manchester City pour deux saisons. En 2005, il met un terme à sa carrière et peut alors profiter de sa vie de jeune retraité.

Mais McManaman ne s’éloigne jamais vraiment des terrains. Il entame une nouvelle carrière : celle de consultant pour la chaîne de télévision américaine ESPN. Comme quoi, en fin de compte, le talent et l’expertise finissent toujours par être appréciés à leur juste valeur.

Publié le 13 octobre 2011, dans Divers, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. Comme quoi, en fin de compte, le talent et l’expertise finissent toujours par être appréciés à leur juste valeur….

    Je vois pas ce qu’il y a de gratifiant à devenir consultant pour ESPN, la crédibilité des consultants est remise en question sans arrêts; le simple fait de parler au micro d’une chaîne TV c’est pas cela le vrai Football… Au sujet de Mcmanaman il est probablement l’un des joueurs les plus cool de la planète football … sans prise de tête quoi …

    le talent et l’expertise des consultants ça me fait bien rire cela !!!

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